Membres du comité d’évaluation de l’offre de transport en Île-de-France :
- Jean-Paul Bailly, ancien président directeur général de la RATP et ancien président du groupe La Poste, qui assure la présidence du comité
- Yves Ramette, ancien directeur général de SNCF Réseau Île-de-France et ancien directeur général adjoint de la RATP
- Yves Crozet, professeur à l’Université de Lyon et ancien directeur du Laboratoire Aménagement Economie Transports (LAET)
- Marc Pélissier, président de l’Association des Usagers des Transports FNAUT Île-de-France.
Transparence, évaluation des impacts, enseignements, les explications de la démarche voulu du travail en quelques mots par les membres du comité :
La culture de l’évaluation est peu développée en France. Et, de fait, c’est bien à un exercice d’évaluation inédit que nous a convié la Présidente de la Région Île-de-France : mesurer, année après année, l’impact des diverses et très variées nouveautés de l’année dans le domaine des transports en commun.
Pour conduire cet exercice assez innovant, il nous a semblé important de ne pas se limiter à une approche globale reprenant des statistiques générales souvent assez connues, mais peu homogènes et variant forcément de manière peu significative d’une année sur l’autre. Il nous est apparu, en complément, essentiel d’avoir une approche spécifique, opération par opération, essayant de regrouper l’ensemble des données pertinentes, en se limitant aux faits sans porter de jugement.
Le lecteur y trouvera, en toute transparence, une mine d’informations souvent méconnues permettant de mieux apprécier l’impact et la pertinence des diverses opérations. Ces documents comportent encore pas mal d’imperfections ou de lacunes auxquelles nous essaierons de remédier année après année. Par sa diversité et son caractère multiforme, ce document permet d’appréhender les difficultés de l’exercice.
- La première réside dans le délai entre la première approbation et la mise en service qui dépasse souvent dix ans, même pour des opérations modestes. Les mises en service elles-mêmes s’étalent sur plusieurs années. Il s’agit là de délais qui dépassent, et de beaucoup, les échéances politiques.
- La seconde résulte de la diversité, de l’hétérogénéité et de la simultanéité, normale et même souhaitable, des opérations : infrastructures nouvelles, restructurations de réseaux, nouvelles grilles d’exploitation, modernisation des gares, intermodalités, renouvellement de matériels roulants, décisions tarifaires… Les impacts eux-mêmes sont très divers : nombre de voyageurs concernés, gains de temps, de confort et de sécurité, reports modaux, impacts sur le bruit et la pollution, gains économiques… Toute agrégation est impossible, l’appréciation globale est difficile.
Les liens de cause à effet sont multiformes et de ce fait, difficiles à établir. Il est pratiquement impossible, si l’on veut rester objectif et coller aux faits, de relier directement une cause et un effet tant les facteurs, y compris externes à une opération, sont multiples et interdépendants. En particulier, les reports modaux, l’un des principaux objectifs de la politique de développement et d’amélioration des transports collectifs, sont difficiles à mesurer, notamment à court terme, du fait des montées en puissance très progressives, de la lenteur des changements d’habitudes et de l’évolution de l’urbanisation. De ce fait, ils apparaissent souvent comme modestes et décevants.